Phéncyclidine

La phéncyclidine ou PCP est un psychotrope hallucinogène. La PCP a en premier lieu été développée comme anesthésique, mais a été retirée du marché à cause de ses effets secondaires.



Catégories :

Pipéridine - Composé aromatique - Composé cyclique - Anesthésique - Hallucinogène

Phéncyclidine
Structure de la phencyclidine
Structure de la phencyclidine
Général
Nom IUPAC N- (1-phénylcyclohexyl) -pipéridine
No CAS 77-10-1
Apparence poudre cristalline blanche
Propriétés chimiques
Formule brute C17H25N  [Isomères]
Masse molaire 243, 3871 gmol-1
C 83, 89 %, H 10, 35 %, N 5, 75 %,
Caractère psychotrope
Catégorie Hallucinogène
Mode de consommation
  • Inhalation :
    fumée ou prisée
  • Ingestion
  • Injection
Autres appellations
  • PCP
  • Angel dust, Poudre d'ange
  • Supergrass
  • DOA
  • Carton
Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

La phéncyclidine ou PCP est un psychotrope hallucinogène. La PCP a en premier lieu été développée comme anesthésique, mais a été retirée du marché à cause de ses effets secondaires (hallucinations, agitation).

Historique

Bien que synthétisée aux États-Unis en 1926[1], elle ne sera étudiée qu'en 1956 et commercialisée dans les années 1960 sous le nom «Sernylan» (comme anesthésiant général à usage vétérinaire[2]) et sous le nom «Sernyl» (comme analgésique). [1]

Son usage est rapidement arrêté du fait des effets secondaires (troubles du comportement) mais dès les années 1970 elle fait l'objet d'un usage détourné et en 1978, sa fabrication commerciale est interdite. [2]

La PCP est répertoriée par la convention sur les substances psychotropes de 1971.

Chimie

Elle est membre de la famille des cycloalkylarylamines.

Dans sa forme chlorhydrate, elle se présente comme une poudre cristalline soluble dans l'eau et l'alcool.

Pharmacologie

C'est un anesthésiant dissociatif.

Mode d'action

La PCP est un antagoniste non compétitif des récepteurs au glutamate de type N-méthyl-D-Aspartate (NMDA). Elle agit en se fixant sur un site localisé à l'intérieur du canal qui n'est accessible que lorsque le canal est ouvert.

Le mécanisme d'action de la PCP en fait un outil pharmacologique particulièrement utilisé en recherche, surtout sur la schizophrénie.

Usage médical

Elle est utilisée comme tranquillisant ou anesthésiant en médecine vétérinaire. [3]

Usage détourné et récréatif

La PCP est le plus souvent consommée sous forme de "mess" c'est-à-dire "coupée" (mélangée a du lactose) pour pouvoir être prisée mais elle peut aussi être ingérée a l'état pur, dissoute dans différents breuvages (café, lait (Moloko), alcool), fumée, ou injectée. [2] Elle se fume quelquefois mélangée avec du cannabis d'où son appellation de supergrass. [3]

Ce produit ne se trouve presque qu'aux États-Unis, ainsi qu'au Québec sous forme de poudre depuis de nombreuses années. Dans la région de Montréal, elle est le plus souvent coupée avec des ingrédients inertes et vendue sous le nom erroné de mescaline. Sa consommation en Europe revient à la mode, surtout dans les pays d'Europe de l'Est et dans les "rave party".

Effets et conséquences

À faibles doses, elle induit une sorte d'ivresse accompagnée de relaxation, d'un sentiment de détachement du réel, d'incoordination motrice et des difficultés de concentration et de communication. [2][3] Les effets psychotropes comprennent des distorsions spacio-temporelle, des vécus de dépersonnalisation. [3]
À fortes doses, elle peut provoquer la paranoïa, l'angoisse ou l'agressivité ou alors expérience de mort imminente, catalepsie, bouffée délirante aigüe ou coma. [2][3]

Les effets physiques sont hypertension artérielle, troubles du rythme cardiaque et de la fréquence respiratoire, nausées et vomissements. [3]

L'usage à long terme entraîne une accoutumance et une dépendance. Des problèmes persistants d'élocution, une dépression ou une anxiété peuvent apparaître. [2]

La PCP est un produit psychotrope. Les effets recherchés peuvent quelquefois se transformer en bad trip. [2]

Il existe un effet retour ou flash back qui replace brièvement l'usager dans l'état généré par la consommation sans en consommer, et ce plusieurs mois après la dernière prise. [3]

En surdose, la PCP entraîne des convulsions, ou alors un coma. [2]

PCP et société

La littérature rapporte une incidence élevée entre manifestations violentes et consommation de PCP. Il fait partie des psychotropes les plus attachés à l'idée de violence dans l'imagerie populaire. [3] On y fait référence dans le jeu vidéo Grand Theft Auto : San Andreas

Molécule voisine

Elle est proche de la kétamine, surtout dans ses effets selon les usagers, et dans les risques liés à son usage non thérapeutique. [3]

Elle est fréquemment confondue par les usagers avec les méthamphétamines ou le LSD. [3]

Note

  1. Denis Richard, Jean-Louis Senon, Marc Valleur, Dictionnaire des drogues et des dépendances, Larousse, 2004 (ISBN 2-03-505431-1)  
  2. Yasmina Salmandjee, Les drogues, Tout savoir sur leurs effets, leurs risques et la législation, Eyrolles, coll. «Eyrolles Pratique», 2003 (ISBN 2-7081-3532-5)  
  3. Michel Hautefeuille, Dan Véléa, Les drogues de synthèse, Presses Universitaires de France, coll. «Que sais-je ?», 2002 (ISBN 2-13-052059-6)  

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 04/12/2009.
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